Livret A

Finance ajouté le 16 juil. 21

Livret A : un meilleur taux dès le 1er août ?

Cela fait maintenant un an et demi que le taux du Livret A stationne à 0,5%, son plus bas niveau. Avec le retour de la hausse des prix, le gouvernement va-t-il l'augmenter dès le mois d'août ?

Mauvaise nouvelle pour les 55 millions de particuliers qui possèdent un Livret A. Sa rémunération de 0,5% net d’impôt, comme pour son faux jumeau le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) est mangée par le retour de la hausse des prix. Avec une inflation attendue à 1,5% sur l’ensemble de l’année, le rendement réel du Livret A est négatif : -1%. Pour 1 000 euros placés, la perte de pouvoir d’achat est de 10 euros. En théorie, cette mauvaise séquence pourrait se terminer dès le 1er août. En effet, tous les 6 mois, à la mi-janvier et à la mi-juillet, le gouverneur de la Banque de France propose au ministère de l’Economie de modifier (ou non) le taux d'intérêt du Livret A pour le mois qui suit. La Banque de France indique que la recommandation sera adressée à Bercy d’ici la semaine prochaine.

A première vue, il pourrait sembler logique que le Livret A, souvent présenté comme le rempart contre l’inflation, voit sa rémunération augmenter. Pourtant, c’est impossible selon la complexe formule de calcul mise en place. Elle s’appuie sur deux indices : l’inflation annuelle hors tabac et l'€STR qui reflète les taux d’intérêt des prêts en euros contractés à court terme par les banques de la zone euro. Accrochez-vous : le taux du Livret A est ainsi égal à la moyenne arithmétique de l'évolution de ses deux indices au cours des 6 derniers mois, arrondie au dixième de point le plus proche. Résultat, si l’inflation sur les 6 derniers mois ressort à 0,9% en juin, l'€STR est à -0,479, soit une moyenne globale de 0,223. Normalement, le taux du Livret A devrait donc être de 0,2% le mois prochain Heureusement, la réglementation a prévu un taux plancher qui empêche ce dernier de descendre sous la barre des 0,5%, un niveau auquel se trouve le Livret A depuis février 2020.
En pratique, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a le pouvoir de ne pas suivre la recommandation du gouverneur de la Banque de France. Mais ce droit de dérogation, déjà utilisé pour freiner la baisse du taux du Livret A par le passé, a peu de chance d’être utilisé. En effet, le gouvernement demande, au contraire, aux Français de consommer une partie de leur bas de laine, qui s'est bien étoffé ces derniers mois, pour relancer la machine économique plutôt que de le garder au chaud sous le matelas. Il n’a donc aucun intérêt à relever le taux du Livret A et par ricochet celui du LDDS, qui de toute façon sont déjà plébiscités par les ménages. Ces derniers y ont déposé 20,7 milliards d’euros depuis le début de l’année pour un total de 469 milliards d'euros, soit une hausse d'environ 8% sur un an !

Une hausse du taux en février 2022 ?

Mais la vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain. En effet, si les jeux sont faits pour le 1er août, tout peut changer pour la prochaine révision qui interviendra le 1er février 2022. « Une augmentation ne peut être totalement exclue même si je ne crois pas a un emballement de l'inflation. Toutefois si tel était le cas, l'exécutif pourrait se trouver sous pression à 2 mois de l’élection présidentielle pour remonter le taux à 0,75%. Ce serait une bonne nouvelle bien sûr pour les 55 millions de détenteurs d’un Livret A et notamment pour les plus aisés d’entre eux. Alors que 38% de Livrets A ont moins de 150 euros, seulement 6% d’entre eux dépassent le plafond réglementaire de 22 950 euros et représentent un tiers de l’encours total de l’argent déposé sur le Livret A. Un relèvement du taux du Livret A viendrait donc à sponsoriser aussi une partie de l'epargne des ménages aisés, en contradiction avec la politique monétaire actuelle », analyse Cyril Blesson, associé au sein du cabinet Pair Conseil et éditeur des Cahiers de l'épargne. Un scénario fiction qui de toute façon ne changera rien au problème de fond à savoir que le rendement du Livret A serait toujours négatif (-0,45%) en se basant sur les projections de la Banque de France d'une inflation à 1,2% en moyenne l'année prochaine. En reprenant l’exemple cité au début de cet article, la perte de pouvoir d’achat sur 1 000 euros laissés sur le Livret A serait de 4,5 euros et non plus de 10 euros comme aujourd’hui.