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Crédit immobilier : vous empruntez à 60 ans ? Les astuces pour blinder votre contrat

Et oui, il est encore possible d’emprunter passé 60 ans. Voici ce qu’il faut savoir pour limiter les risques.

Bien que seuls 4 % des souscripteurs de prêts immobiliers ont aujourd’hui plus de 60 ans, leur proportion a tendance à croître. Nombreux sont en effet les séniors à être tentés par un achat immobilier - déménagement de la résidence principale, investissement locatif… - en vue de leur retraite. La bonne nouvelle, c’est que les banques ne leur ferment pas les portes, voyant en eux des clients souvent bons gestionnaires, à l’abri d’une éventuelle perte d’emploi… D’autant que taux attractifs du moment - moins de 1 % pour des emprunts sur 7 ou 10 ans - facilitent les signatures contrats. Reste qu’avant de signer, il est important de vérifier quelques points clés.

Quelles sont les conditions de votre assurance ?

Vérifiez d’abord les conditions de l’assurance décès et invalidité qui sera liée à votre prêt immobilier. “Généralement, les assureurs couvrent les prêts immobiliers jusqu’aux 85 ans de l’emprunteur, voire un peu plus (87 ans)”, précise Astrid Cousin, porte-parole du courtier en assurance Magnolia. “Méfiez-vous aussi des banquiers qui vous assurent jusqu’à vos 70 ans et qui vous conseillent ensuite de vous tourner vers un autre assureur. Si vous tombez malade entre temps, personne ne voudra vous couvrir pour la suite du crédit et, en cas de décès, votre conjoint, vos enfants ou autres héritiers devront continuer à payer l’emprunt…”, prévient Astrid Cousin.

Le coût d’une assurance pour un senior oscille autour de 1% du capital emprunté, contre 0,15 à 0,20 % entre 28 et 30 ans, 0,35 % à 0,40 % pour les moins de 50 ans… Un taux non négligeable qu’il faut ajouter à celui du crédit. Vous aurez donc fortement intérêt à mettre en concurrence l’établissement emprunteur avec plusieurs autres assureurs pour faire une économie sur ce poste. Rappelons qui si on a loupé le coche au moment de la signature du dossier de prêt, il est désormais possible de faire la jouer la concurrence chaque année, à la date anniversaire de son contrat pour trouver moins cher ailleurs.

Optez pour des mensualités modulables

Compte tenu du niveau très bas des taux actuels, il vous sera difficile de les négocier à la baisse. Ils sont les mêmes quelle que soit la tranche d’âge de l’emprunteur, c’est la durée du prêt qui les fait fluctuer : plus le prêt est court, plus le taux est intéressant. Idem pour les frais de crédit qui tournent autour de 1 % de l’emprunt avec des plafonds variables selon les établissements : 550 euros, 1.000 euros… “Les seniors peuvent en revanche facilement obtenir des remboursements modulés : des mensualités plus fortes quand ils sont encore en activité et moins élevées au moment de leur retraite. À défaut, on leur propose des prêts multilignes : par exemple, une ligne sur 7 ou 10 ans, l’autre sur 15 ans afin de faire varier les remboursements à la baisse”, explique Cécile Roquelaure, directrice des études du courtier en prêt immobilier Empruntis.

Négociez ,si besoin, un prêt adossé à un produit d’épargne

Pour convaincre un banquier réticent et éviter l’écueil d’une assurance trop chère, les seniors qui ont de l’épargne peuvent adosser leur prêt à un produit financier, par exemple, une assurance vie. Ils évitent aussi les frais d’hypothèque, soit 2 à 2,5 %, c’est-à-dire 2.000 à 2.500 euros pour un prêt de 100.000 euros. “En contrepartie, le placement est gagé et ils ne pourront plus le gérer comme ils l’entendent avant la fin du remboursement du prêt”, prévient Cécile Roquelaure.