Publié le 26 May 2026
Vous souhaitez acquérir un bien immobilier à plusieurs sans vous marier ni créer de société ? L'achat en indivision est la solution la plus accessible, la plus rapide et la plus répandue pour devenir copropriétaire à deux ou plus. Mais ce régime juridique, souvent perçu comme une simple formalité, cache des subtilités que tout investisseur avisé doit maîtriser, d'autant que la loi n°2026-248 du 7 avril 2026 vient de réécrire certaines règles fondamentales. Décryptage complet.
L'indivision est une situation juridique par laquelle plusieurs personnes entrent en possession de droits de même nature sur un même bien, sans division matérielle de celui-ci. Autrement dit, chaque indivisaire détient une quote-part proportionnelle à son investissement financier initial, mais possède des droits sur l'ensemble du bien, et non pas sur une partie en particulier.
Les différentes formes d'indivision : choisie ou subie ?
L'indivision n'est pas toujours voulue. On distingue trois situations :
La répartition des quote-parts : qui possède quoi ?
La valeur de chaque part est désignée comme quotité d'acquisition. Elle est déterminée en fonction des sommes réellement apportées par le coindivisaire à l'achat, que ces montants proviennent d'un capital déjà constitué (épargne personnelle, vente d'un autre bien) ou d'un emprunt immobilier. C'est le notaire qui est chargé du calcul des quotités, lesquelles sont ensuite spécifiées dans l'acte authentique de vente.
La loi n°2026-248 du 7 avril 2026, publiée au Journal officiel du 8 avril 2026, a pour objectif de débloquer des situations figées, notamment en présence d'indivisaires absents, opposants ou inactifs.
La convention d'indivision constitue une étape capitale pour prévenir les conflits et organiser clairement la gestion partagée d'un bien immobilier. Signé par tous les indivisaires, ce document contractuel permet de fixer les règles de répartition des dépenses, les modalités d'usage du bien, la nomination d'un gérant, les procédures de résolution de conflits et les conditions de sortie.
Elle doit être établie obligatoirement par un notaire. Sa durée peut être indéterminée ou déterminée, sans pouvoir excéder cinq ans, avec possibilité de renouvellement par tacite reconduction. Elle présente aussi un avantage fiscal, il est possible de conserver le bien sans payer de taxes sur le partage.
Sortir d'une situation d'indivision est désormais plus accessible qu'avant. Plusieurs voies s'offrent à vous :
Chaque indivisaire déclare sa part proportionnelle des revenus locatifs et des charges déductibles dans sa propre déclaration de revenus.
Deux régimes s'offrent à vous : le micro-foncier (abattement forfaitaire de 30%) ou le régime réel (déduction des charges effectives, intérêts d'emprunt, travaux, assurances). La revente d'une quote-part est soumise au régime des plus-values immobilières, avec une exonération totale après 22 ans pour l'impôt sur le revenu et 30 ans pour les prélèvements sociaux.
L'achat en indivision reste une porte d'entrée accessible et souple vers la propriété immobilière à plusieurs. La mutualisation des apports, le partage des charges et l'absence de formalités complexes en font une solution prisée des couples, des familles et des investisseurs. Ne laissez ni l'improvisation ni l'ignorance décider de votre avenir patrimonial. Chaque situation d'indivision est unique : la bonne structure juridique, les bonnes quotités et la bonne fiscalité se construisent sur-mesure. Aussi, un accompagnement professionnel reste la clé d'une gestion sereine et rentable.
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Peut-on acheter en indivision sans être marié ? Oui. L'indivision est ouverte à tous : concubins, partenaires de PACS, amis, associés. Aucun lien particulier n'est requis
La loi 2026 supprime-t-elle vraiment la règle de l'unanimité pour vendre ? Partiellement. La loi du 7 avril 2026 introduit un mécanisme permettant aux indivisaires détenant au moins deux tiers des droits d'initier une procédure de vente, même sans unanimité. Toutefois, un contrôle judiciaire subsiste, et les indivisaires minoritaires conservent des droits de protection. Il ne s'agit donc pas d'une suppression totale, mais d'un assouplissement majeur qui change radicalement les rapports de force
Que se passe-t-il si un indivisaire décède ? Sa quote-part est transmise à ses héritiers, qui entrent alors dans l'indivision. Pour éviter cette situation souvent source de blocage, il est vivement recommandé d'insérer une clause de préemption dans la convention d'indivision, permettant aux coindivisaires survivants de racheter les parts en priorité aux conditions du marché
Puis-je vendre ma quote-part sans l'accord des autres ? Oui un indivisaire peut céder ses droits à un tiers. Mais les coindivisaires bénéficient d'un droit de préemption : ils peuvent se substituer à l'acheteur externe dans les mêmes conditions de prix et de délai. Ce droit doit être respecté sous peine de nullité de la vente
L'indivision est-elle adaptée à un investissement locatif à plusieurs ? Oui, à condition de la structurer correctement. Une convention d'indivision désignant un gérant est indispensable pour éviter les blocages opérationnels (renouvellement de bail, travaux, perception des loyers). Selon le projet, une SCI peut toutefois s'avérer plus judicieuse sur le long terme
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